Notre bilan hebdomadaire de la situation à Gaza, où Israël viole quotidiennement le cessez-le-feu.
Par l’Agence Média Palestine, le 14 avril 2026

Cette semaine encore, Israël poursuit ses attaques presque quotidiennes contre l’ensemble de la bande de Gaza, au grand mépris de l’accord de “cessez-le-feu” ratifié en octobre dernier.
Mercredi 8 avril, l’armée israélienne a assasiné le journaliste Mohammed Wishah lors d’une frappe de drone contre son véhicule alors qu’il circulait sur la route côtière de la ville de Gaza. Il était la cible de campagnes de déligitimation israéliennes visant à l’assassiner depuis au moins février 2024.
Ce nouveau meurtre porte à au moins 262 le nombre total de professionnel-les des médias palestiniens tué-es depuis octobre 2023 selon le décompte d’Al Jazeera, soit le bilan le plus lourd jamais enregistré dans un conflit.
Une écolière assassinée dans sa salle de classe
Le lendemain, jeudi 9 avril 2026, cinq Palestinien-nes dont une écolière ont été assassiné-es dans plusieurs attaques distinctes. Deux Palestinien-nes ont été tué-es et cinq autres blessé-es lors d’une frappe israélienne visant un groupe de civils près de l’hôpital Al-Yemen Al-Saeed, dans le camp de réfugié-es de Jabalia, au nord de Gaza. Les victimes s’appelaient Abdullah Mohammed Saleh, 24 ans, et Ahmed Mohammed Saleh, 36 ans.
Dans le sud de Gaza, un Palestinien qui n’a pas pu être identifié a été tué par la bombe d’un drone israélien près du rond-point d’Abu Hamid, dans le centre de Khan Younis. Un autre homme, Youssef Khalil Mansour, 33 ans, a été tué lors d’une frappe de drone dans la région de Bardawil, à Al-Mawasi, à l’ouest de Rafah.
La dernière victime de cette journée meurtrière se nommait Ritaj Abdulrahman Rihan, une enfant de neuf ans, assassinée d’une balle dans la tête alors qu’elle se trouvait dans son école. Le ministère palestinien de l’éducation rapporte qu’elle assistait à un cours dans une salle de classe installée sous une tente à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, lorsqu’une balle l’a atteint à la tête, causant la frayeur des autres enfants présent-es dans la classe.
« Je l’avais habillée, coiffée et j’avais attaché ses cheveux pour l’école ce matin. On me l’a ramenée morte, le visage couvert de sang. Je n’arrive toujours pas à surmonter le choc », confie Ola, la mère de l’enfant à Middle East Eye, montrant le cahier maculé de sang de sa fille. « L’école est censée se trouver dans un quartier sûr. Elle n’est pas proche de la Ligne jaune, et nous nous sentions donc suffisamment en confiance pour l’y envoyer étudier. »
Plus tard dans cette même journée, un enfant palestinien a été grièvement blessé par des tirs des forces israéliennes dans le camp de réfugié-es de Jalazon, au nord de Ramallah. Selon le ministère palestinien de la Santé, l’enfant a été admis à l’hôpital Al-Istishari avec de graves blessures à la tête.
Plus de 21 000 enfants palestinien-nes ont été tué-es depuis octobre 2023, et 44 000 autres blessé-es, alors que les attaques incessantes et le siège illégal de l’enclave continuent de plonger les habitant-s de Gaza dans la faim, le dénuement et la violence.
Une nouvelle attaque contre les forces de police gazaouies
Deux jours plus tard, le 11 avril, plusieurs attaques israéliennes distinctes ont tué au moins 7 Palestinien-nes à travers la bande de Gaza, dont 6 dans une frappe contre un poste de contrôle de la police dans le camp de Bureij, au centre de Gaza. Plus de 2 800 policiers gazaouis ont été tués depuis les attaques du Hamas en Israël du 7 octobre 2023.
Depuis octobre 2025 et l’application relative de l’accord de “paix” proposé par Donald Trump, les forces de police gazaouies tentent de rétablir la sécurité en rouvrant les commissariats, mais sont régulièrement ciblées par l’armée israélienne, qui les considère comme des membres du Hamas et exige leur désarmement. De nombreux Palestinien-nes estiment que la police gazaouie est le seul rempart actuel à la criminalité et aux gangs armés par Israël.
Dimanche 12 avril, un Palestinien de 48 ans a été abattu par les forces israéliennes près du carrefour entre la rue n° 5 et la rue Salah al-Din à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, rapporte l’agence Wafa.
Hier, le 13 avril, trois autres Palestinien-nes ont été tué-es lors d’une attaque menée par un drone israélien à un poste de contrôle de sécurité dans la région d’al-Mazraa, à l’est de Deir el-Balah, avant qu’un autre Palestinien ne soit tué par des tirs israéliens plus tard dans la journée dans la région d’al-Mawasi.
Depuis ce matin du 14 avril 2026, l’agence Wafa rapporte des tirs nourris provenant d’hélicoptères israéliens dans des zones situées à l’est de Khan Younis, au sud de la bande de Gaza.
Plus au nord, un homme a été assassiné lors d’un bombardement mené par des avions de combat israéliens sur le quartier d’Al-Alami, dans le quartier de Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza.
Trois autre Palestinien-nes, dont un enfant, ont été assassiné-es et d’autres blessé-es il y a quelques instants, lorsque des avions de combat israéliens ont bombardé un véhicule dans la rue Tunnel, à Gaza.
Par ailleurs, les forces israéliennes ont procédé à des démolitions massives de maisons palestiniennes dans la zone d’Abu Zeitoun du camp de réfugié-es de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, parallèlement à des tirs d’artillerie sur les zones est de la ville de Gaza.
Le quartier de Zeitoun, au sud-est de la ville de Gaza, et la zone d’Abu Zeitoun dans le camp de réfugié-es de Jabalia ont également été le théâtre de nouvelles démolitions de maisons. Des véhicules militaires israéliens stationnés le long de la frontière est de la bande de Gaza centrale ont renouvelé leurs tirs en direction de zones situées dans le centre de la bande de Gaza.



