Au cours de cette brève période, Israël a tué au moins 107 personnes, n’a autorisé que 8 % des évacuations médicales et n’a laissé passer que 20 % des camions.
Par Alia Chughtai and Marium Ali, le 9 avril 2026

Les États-Unis et l’Iran ont convenu mercredi d’un cessez-le-feu de deux semaines après 40 jours de guerre, et des pourparlers doivent débuter samedi à Islamabad, au Pakistan.
Mais depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont commencé à bombarder l’Iran, Israël a également lancé, presque quotidiennement, des attaques contre le Liban, Gaza et la Cisjordanie occupée.
Alors que l’attention du monde entier était principalement tournée vers l’Iran, voici trois points importants que vous avez peut-être manqués concernant Gaza.
Israël a bombardé Gaza 36 jours sur les 40 derniers
Depuis la proclamation d’un « cessez-le-feu » dans la bande de Gaza il y a six mois, Israël a violé cet accord des milliers de fois, menant des attaques presque quotidiennement.
Au cours des 40 derniers jours, Israël a non seulement continué à bombarder Gaza, mais a également fermé le point de passage de Rafah et bloqué l’acheminement de denrées alimentaires et de fournitures médicales vitales.
Selon une analyse d’Al Jazeera, Israël a attaqué Gaza 36 jours sur les 40 derniers, ce qui signifie qu’il n’y a eu que quatre jours sans attaques violentes, morts ou blessés signalés dans la bande de Gaza.

Infographie : Al Jazeera
Combien de personnes Israël a-t-il tuées pendant cette période ?
Entre le 28 février et le 8 avril, les attaques israéliennes ont tué au moins 107 personnes à Gaza et en ont blessé 342 autres.
Depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu » à Gaza il y a six mois, les attaques israéliennes ont tué au moins 738 personnes et en ont blessé plus de 2 000.
Au total, depuis le début de sa guerre génocidaire contre Gaza, Israël a tué ou blessé au moins 10 % de la population de la bande de Gaza, tuant plus de 72 000 personnes, dont la majorité sont des femmes et des enfants, et en blessant au moins 172 000 autres, tandis que des milliers d’autres sont ensevelis sous les décombres et présumés morts.

Infographie : Al Jazeera
Mercredi, alors que le monde attendait avec impatience la trêve tant espérée entre les États-Unis, Israël et l’Iran, Israël a tué un autre journaliste à Gaza : Mohammed Wiswash, correspondant d’Al Jazeera, a été tué lors d’une frappe ciblée par drone.
Le même jour, Israël a lancé l’une de ses plus importantes attaques jamais menées contre le Liban en une seule journée, déchaînant une vague de frappes qui a fait au moins 254 morts et 1 165 blessés.
Seulement 8 % des évacuations médicales réalisées
Le 28 février, jour où Israël et les États-Unis ont commencé leurs frappes contre l’Iran, les autorités israéliennes ont fermé tous les points de passage vers Gaza, interrompant le transfert des blessés à l’étranger et suspendant les évacuations médicales.
Parmi eux figurait le point de passage de Rafah, seule porte d’accès de Gaza vers le monde extérieur via l’Égypte, dont l’ouverture était prévue dans le cadre du plan de cessez-le-feu en 20 points négocié par les États-Unis pour la bande de Gaza. Selon cet accord, 50 patients par jour, accompagnés de leurs proches – généralement un ou deux par patient – devaient être autorisés à quitter l’enclave pour y être soignés.
Plus de deux ans d’attaques israéliennes ont fait des milliers de blessés nécessitant des soins médicaux urgents. Selon l’OCHA, plus de 18 500 patients dans un état critique, dont 4 000 enfants, ont besoin d’une évacuation médicale.
Le 19 mars, les autorités israéliennes ont annoncé la reprise d’évacuations médicales limitées via Rafah.
Selon le Bureau des médias de Gaza, depuis le 28 février, 625 des 7 800 voyageurs ont été autorisés à quitter Gaza pour se faire soigner – soit environ 8 % du nombre convenu.

Infographie : Al Jazeera
Vingt pour cent des camions autorisés à entrer à Gaza
Israël continue de limiter l’acheminement des denrées alimentaires et des fournitures médicales d’urgence, ce qui aggrave les pénuries sévères et accentue la crise humanitaire.
Selon l’Échelle intégrée de classification par phase (IPC), l’observatoire mondial de la faim, plus des trois quarts (77 %) de la population de Gaza sont confrontés à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.
Sur les 1,6 million de personnes analysées par l’IPC :
- 475 000 personnes se trouvent en phase 2, insécurité alimentaire.
- 1 027 790 personnes se trouvent en phase 3, crise alimentaire.
- 570 980 personnes se trouvent en phase 4, l’urgence alimentaire.
- 1 885 personnes se trouvent en phase 5, la famine.
Selon le Bureau des médias de Gaza, depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Israël n’a autorisé l’entrée dans la bande de Gaza que de 4 999 des 23 400 camions prévus dans l’accord de cessez-le-feu – soit seulement un cinquième des livraisons promises.

Infographie : Al Jazeera
Traduction : JB pour l’Agence Média Palestine
Source : Al Jazeera



