Par l’Agence Média Palestine, le 5 mai 2026.
Face aux critiques internationales concernant l’escalade de violence des colons en Cisjordanie occupée, de rares déclarations ont émergé au sein de l’appareil sécuritaire israélien. Le général Avi Bluth commandant des forces israéliennes en Cisjordanie occupée, aurait qualifié ces attaques de « honte pour le peuple juif », tandis que l’ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, fils de survivant de la Shoah, a déclaré que les violences observées dans des villages palestiniens lui rappelaient les violences commises envers les Juifs au siècle dernier, rapporte Al Jazeera. Ces critiques n’ont rien changé à la situation sur le terrain.
A Silwan, Israël menace d’expulser un quartier palestinien entier
Dans ce quartier palestinien situé au sud de la vieille ville de Jérusalem, plus de
1 800 habitant·es sont menacé·es d’expulsion dans le cadre d’une politique visant à judaïser les quartiers entourant la vieille ville, comme le dénonce l’ONG B’Tselem.
Situé à proximité de la mosquée Al-Aqsa et de l’esplanade des Mosquées, Silwan est depuis plusieurs années la cible de projets menés à la fois par les autorités israéliennes et les organisations de colons visant à s’approprier la zone, par le biais d’ordres de démolition ou de projets touristiques et archéologiques. Le 29 avril, plusieurs avis de démolition ont été déposés sur des maisons palestiniennes par les autorités d’occupation, rapporte l’agence palestinienne d’information Wafa.
Ces deux dernières années, plus d’une centaine de Palestinien·nes ont été forcés de quitter leur foyer, sans solution de relogement. Cette situation s’inscrit dans une dynamique plus large de déplacement forcé dans la zone. Selon l’OCHA, au total, plus de 620 Palestinien·nes ont été déplacé·es dans l’ensemble de la Cisjordanie depuis le début de l’année. Cela équivaut à environ 160 personnes déplacées par mois. Il s’agit du plus haut niveau mensuel moyen enregistré depuis 17 ans, un chiffre record.
Au-delà des démolitions, l’escalade des violences pousse également de nombreuses familles palestiniennes à fuir des zones devenues beaucoup trop dangereuses.
Nouvelles colonies dans le nord
En parallèle, les autorités d’occupation ont examiné à Tel Aviv un nouveau projet de colonisation prévoyant la création de 126 unités de colonies, au sein de la colonie de Sanur, située dans le nord de la Cisjordanie occupée. Cette ancienne colonie avait été évacuée en 2005 dans le cadre du plan de « désengagement » initié par l’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, qui prévoyait le retrait des colons de la bande de Gaza mais aussi, de façon plus limitée, en Cisjordanie. Ces nouvelles unités devraient comprendre la construction de maisons ainsi que de bâtiments privés. Yossi Dagan, chef du conseil régional représentant les colonies du nord de la Cisjordanie, a déclaré que cette nouvelle colonie « deviendra à l’avenir une ville en Israël »
Le gouvernement de l’occupation aurait également approuvé ce 4 mai un budget de plus d’un milliard de shekels (270 millions de dollars) pour la construction de « routes coloniales » sur les terres palestiniennes afin de relier les nouvelles colonies, rapporte Wafa.
Agression à caractère raciste envers une religieuse catholique:
Ce 29 avril, une religieuse catholique française, chercheuse à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, a été violemment agressée près du tombeau de David, au sud de la Vieille Ville. Les images de vidéosurveillance montrent un jeune homme la poussant violemment au sol, avant de partir puis de revenir lui asséner plusieurs coups de pieds alors qu’elle est encore à terre. L’attaque a été dénoncée par les autorités religieuses chrétiennes comme un acte raciste et sectaire, et s’ajoute à la longue liste d’attaques perpétrées contre les minorités religieuses, notamment chrétiennes, par des extrémistes religieux juifs.
Assaut contre l’esplanade des mosquées prévu le 15 mai
Un appel a été lancé par l’organisation du Mont du Temple, un groupe d’extrémistes religieux, en coopération avec des personnalités politiques du gouvernement d’occupation, pour prendre d’assaut l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa le vendredi 15 mai. Cette date concentre plusieurs tensions : elle tombe un vendredi, jour de prière collective pour les musulman·es, et coïncide avec la « Journée de Jérusalem », une marche de colons célébrant l’annexion de la vieille ville, s’accompagnant d’incursions dans la mosquée et de marches provocatrices et agressives contre les Palestinien.nes. Cette journée marque aussi le 78e anniversaire de la Nakba, augmentant le risque d’escalade de la violence ce jour-là.
A Naplouse, une naissance endeuillée par un raid israélien
Le 3 mai aurait dû être un jour de célébration pour la famille Samaro. Alors que son épouse était en plein accouchement, sur le point de donner naissance à leur enfant, Nayef Firas Ziad, 26 ans, a été tué d’une balle dans la tête par l’armée israélienne lors d’un assaut sur la ville de Naplouse.
Selon le Croissant-Rouge palestinien, plusieurs personnes ont également été blessées par balles réelles, dont un enfant de 12 ans.
La mort de Nayef Firas Ziad Samaro s’ajoute à celle d’Abdul Halim Rawhi Hammad, 37 ans, tué le 29 avril par les forces d’occupation israéliennes, lors d’un raid à l’Est de Ramallah. Il était père d’une petite fille d’un an. Sa dépouille serait toujours aux mains des forces israéliennes, selon l’agence WAFA.
Elle s’ajoute également à celle d’Ibrahim Abdel Khayat, adolescent palestinien de 15 ans, qui a fini par succomber à ses blessures le 29 avril après avoir été touché par des tirs israéliens à Hebron. Au mois d’avril, la Commission de résistance au mur et à la colonisation a recensé 1 637 attaques menées par l’armée israélienne et les colons contre la population palestinienne



