Israël a assassiné quatre Palestiniens ce matin – Bilan hebdomadaire de la situation en Cisjordanie (15 – 21 avril 2026)

Alors que le gouvernement israélien accélère son processus d’annexion illégale de la Cisjordanie occupée, l’armée et les colons israéliens y procèdent à un harcèlement méthodique de la population palestinienne.

Par l’Agence Média Palestine, le 21 avril 2026



Israël a rétabli une colonie dans le village palestinien de Sanur, vingt ans après son démantèlement dans le cadre du retrait israélien de la bande de Gaza et de quatres autres colonies du nord de la Cisjordanie occupée.

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée dimanche 19 avril, en présence du ministre de la Défense Israël Katz, du ministre des Finances Bezalel Smotrich, ainsi que du président du conseil des colonies du nord de la Cisjordanie, Yossi Dagan, accompagnés de plusieurs chefs de colons extrémistes et responsables sionistes.

Pendant la cérémonie, les forces israéliennes ont imposé des mesures de sécurité strictes dans l’ensemble de la localité, incluant la fermeture de routes secondaires et un renforcement des restrictions de mouvement pour les Palestinien·nes des villages voisins.

S’adressant aux colons assistant à la cérémonie, Smotrich a déclaré que cette inauguration marquait une « fête nationale » et une « correction historique » de l’« expulsion coupable » du territoire occupé, faisant référence au retrait d’Israël de Gaza en 2005.

Le gouvernement israélien a également accepté de reconstruire les trois autres colonies démantelées en 2005 en Cisjordanie. « Nous mettons fin à la honte de l’expulsion, nous enterrons l’idée d’un État palestinien et nous revenons à la colonie de Sa-Nur. C’est un jour de fête pour le mouvement des colons et une fête nationale pour l’État d’Israël », a déclaré Smotrich, qui vit lui-même dans une colonie illégale.

Cette cérémonie ne fait que souligner l’accélération brutale de la colonisation, et la volonté israélienne de renforcer sa présence dans les zones « C » en réactivant des avant-postes précédemment évacués, dans le but d’imposer de nouvelles réalités sur le terrain.

Quatre morts depuis ce matin

Comme nous le rapportions dans cet article traduit par l’Agence Média Palestine, le gouvernement a approuvé depuis le début de son agression en Iran un nombre record de colonies en Cisjordanie occupée, avec 34 nouvelles colonies qui viennent s’ajouter aux 68 déjà approuvées depuis 2022, ainsi qu’aux quelques 200 avant-postes non autorisés établis au cours de la même période.

Cette annexion rampante de la Cisjordanie occupée s’illustre, dans la vie des Palestiniens et des Palestiniennes, par un harcèlement quotidien de la part des forces armées, de l’appareil judiciaire et des colons israéliens, harcèlement dont notre bilan hebdomadaire ne peut rendre compte dans sa globalité. 

Ce matin un enfant palestinien de 16 ans, qui se rendait à l’école à vélo dans la province d’Hébron, a été tué, renversé par un colon israélien en voiture. L’agence de presse palestinienne Wafa a identifié l’adolescent, qui s’appelait Mohammad Majdi al-Ja’bari, et rapporte qu’il a été percuté par un colon au volant d’un véhicule appartenant à la garde rapprochée d’un ministre du gouvernement israélien résidant dans une colonie de la région d’Hébron.

Aujourd’hui également, Hamdi Al-Naasan, un étudiant âgé de 14 ans, Marzouq Abu Naim, âgé de 32 ans, ont été tués par des tirs de colons israéliens dans le village d’al-Mughayyir, à l’est de Ramallah. Trois autres jeunes palestinien·nes ont été blessé·es.

En annonçant leur mort en début d’après-midi, le ministère palestinien de la Santé ajoute que le nombre de Palestinien·nes tué·es en Cisjordanie depuis ce matin s’élève désormais à quatre, en comptant celui de Raja’ Fadl Bitawi, 49 ans, qui a succombé à ses blessures causées par des tirs de l’armée israélienne à Jénine il y a près de deux ans.

Violences quotidiennes à Hébron

Le gouvernorat d’Hébron a été la cible de raids militaires et d’attaques brutales de colons tout au long de la semaine, faisant de nombreux blessé·es et interpellé·es.

Mercredi 14 avril au soir, des colons armés ont bloqué la route 35, qui mène à l’entrée nord d’Hébron, incendiant des tas de pneus pour empêcher le passage des véhicules civils, avant de briser les vitres de plusieurs véhicules de résident·es palestinien·nes.

Le lendemain, jeudi 16 avril, les forces israéliennes ont pris d’assaut la zone de Jabal Abu Rumman, et ont arrêté Nabeh Nabil al-Sharayati après avoir fait irruption chez lui, fouillé son domicile et endommagé son mobilier, tandis que des colons saccageaient des champs agricoles palestiniens dans les localités voisines de Beit Ummar et Masafer Yatta.

Le jour suivant, vendredi 17 avril, des colons ont mis le feu à deux véhicules palestiniens dans la localité de Majd al-Baa, à l’ouest de Yatta, au sud d’Hébron. Par ailleurs, des soldat·es israélien·nes ont fait sauter les portes de plusieurs magasins à Yatta, y sont entrés et les ont saccagés, causant d’importants dégâts. D’autres soldat·es armé·es se sont présenté·es dans une maison de la ville de Beit Awwa, à l’ouest d’Hébron, et ont procédé à une fouille minutieuse, endommageant délibérément son contenu.

Le 18 avril au matin, un jeune Palestinien a été tué par les forces d’occupation israéliennes à Khirbet Salama, à l’ouest de Dura, au sud-ouest d’Hébron. Il s’appelait Muhammad Ahmad Abu Ghaliyeh al-Suwaiti et était âgé de 25 ans. Les soldat·es qui l’ont tué affirment qu’il tentait de s’approcher de la colonie de Negohot, construite sur des terres et des propriétés palestiniennes au sud-ouest d’Hébron. Son corps n’a pas été restitué à sa famille.

Plus tard dans cette même journée, des colons ont attaqué des habitant·es de la région de Wadi Khneis, à l’ouest de la ville, alors qu’ils travaillaient dans leurs champs, les frappant et leur causant des blessures. Une femme palestinienne âgée, nommée Umm Hussein Jabarin, a été blessée par les colons tandis que les forces israéliennes, plutôt que d’intervenir pour empêcher les violences des colons, ont arrêté trois des fils de la femme blessée.

Dans la soirée, un jeune Palestinien a été blessé par des tirs israéliens près du poste de contrôle de Meitar, au sud d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Quatre autres Palestinien·nes ont été blessé·es après que les forces israéliennes leur ont pulvérisé du gaz poivré dans la région de Wadi Al-Sharq, dans la ville de Sa’ir, au nord-est d’Hébron.

Dimanche 19 avril, deux adolescents palestiniens originaires de Yatta, au sud d’Hébron, ont été blessés par des tirs des forces d’occupation israéliennes dans la région de Ras al-Joura, près de l’entrée nord d’Hébron.

L’armée israélienne a mené hier, lundi 20 avril, une série de raids dans la ville d’Hébron et dans les localités de Yatta et Beit Ummar, et procédé à l’arrestation de plus de 50 Palestinien·nes.

Les forces d’occupation ont également érigé plusieurs postes de contrôle militaire aux entrées d’Hébron et des villes, villages et camps de réfugié·es environnants, et ont fermé plusieurs routes principales et secondaires à l’aide de barrières métalliques, de blocs de béton et de monticules de terre.

Des schémas similaires de violence coordonnée des colons et des forces armées sont observés partout en Cisjordanie occupée, et particulièrement cette semaine dans les provinces de Naplouse, de Tulkarem et de Jérusalem-est occupée. Un adolescent de 17 ans a été assassiné par les forces israéliennes jeudi 16 avril, lors d’affrontements qui ont éclaté dans la ville alors que les forces israéliennes menaient un raid et une opération de fouille à grande échelle visant plusieurs habitations.

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