Préfabriqués et campus de fortune : une goutte d’eau face à la crise humanitaire à Gaza

Au cœur de la crise humanitaire catastrophique et délibérément orchestrée par Israël, des initiatives tentent de soulager le quotidien des Palestinien-nes.

Par l’Agence Média Palestine, le 14 avril 2026



Alors que des agents du programme de développement de l’ONU assemblent en urgence des unités de logement temporaire en fibres de verre dans le sud de Gaza, la réouverture d’un campus universitaire de fortune a eu lieu fin mars dernier, dans des conditions pratiquement impossibles mais offrant toutefois la possibilité aux milliers d’étudiant-es de Gaza de retrouver, le temps d’un cours, un semblant de vie normale.

Premier semestre en présentiel depuis 2 ans et demi

Les campus universitaires ayant totalement disparu au cours des 28 mois écoulés de génocide, l’enseignement supérieur en présentiel a pratiquement cessé dans la bande de Gaza, contraignant les universités à passer à l’enseignement en ligne. Mais pour les étudiant-es qui vivent sous des tentes et peinent à se procurer de la nourriture, de l’eau, de l’électricité et un accès à Internet, assister à un cours en ligne est devenu un privilège rare.

University City” a été construit dans la zone d’Al Mawasi densément peuplée de réfugié-es palestinien-nes venu-es de toute l’enclave gazaouie pour fuir les bombardements israéliens. 

Le campus dispose d’un accès à internet alimenté par des panneaux solaires, d’espaces verts improvisés et même d’un incubateur de petites entreprises destiné à aider les étudiant-es à se lancer dans leur propre projet. Fait de tôle, de toile et de bois, le complexe peut accueillir 600 étudiant-es par jour : une goutte d’eau face à la demande.

University City fonctionne selon un roulement hebdomadaire, chaque jour étant attribué à un établissement d’enseignement différent. Ce système permet à plusieurs établissements de partager cet espace limité, garantissant ainsi un accès aussi large que possible aux étudiant-es.

Les principales universités de Gaza, telles que l’Université islamique et l’Université Al-Azhar, ont commencé à utiliser le site, aux côtés d’autres établissements comme l’école d’infirmier-es de Gaza.

« Notre travail se poursuivra », déclare Hamza Abu Daqqa, représentant de l’organisation Scholars without borders, à l’origine du projet. « Nous avons mis en place des dizaines d’écoles de fortune et créé cette cité universitaire, mais les besoins sont bien plus grands. Voilà ce que nous avons pu construire malgré le blocus. Imaginez ce qu’il serait possible de faire si l’on nous accordait les ressources dont nous avons réellement besoin. »

Des abris en pré-fabriqué 

Dans le sud de Gaza, les travailleur-euses humanitaires s’affairent à monter avec minutie des habitations en fibre de verre destinées à accueillir des milliers de Palestinien-nes déplacé-es.

Ces modules en fibre de verre sont conçus pour apporter un minimum de soulagement : des habitations un peu plus confortables qu’une tente, mais vulnérables aux vents côtiers qui balayent Gaza.

« Il s’agit là de solutions très rudimentaires et temporaires, tandis que nous continuons à planifier la reprise et la reconstruction », indique Alessandro Markic, chef du bureau du Programme des Nations unies pour le développement à Gaza, qui ajoute que ces logements offrent néanmoins « davantage de dignité, d’intimité et de protection pendant l’hiver. »

Environ 4 000 logements sont prévus dans le quartier d’al-Mohararat, à l’ouest de Khan Younis. C’est encore une fois une goutte d’eau pour les près de deux millions de personnes à Gaza qui vivent dans des abris de fortune, et la situation humanitaire reste désastreuse.

Dans son dernier rapport, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) alerte sur des taux alarmants d’infestations par des ectoparasites, des poux, la gale, des rats et d’autres nuisibles dans les camps de réfugié-es.

En raison des graves pénuries de matières premières et de l’interdiction par Israël de l’entrée de matériaux de construction, les familles déplacées ont été contraintes de mettre en place des systèmes d’assainissement rudimentaires, notamment des latrines dépourvues de réseau d’égouts et des barils enfouis dans le sol.

Dans ces conditions, les eaux usées stagnantes ont créé un terrain propice à la prolifération des rongeurs et des insectes, accélérant leur propagation dans les camps de déplacé-es.

Le mois dernier, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNWRA) alertait déjà sur la prolifération de rongeurs dans les camps de déplacés dans son dernier rapport de situation sur la crise humanitaire dans la bande de Gaza, exprimant un « besoin urgent de matériel et de produits chimiques de lutte contre les nuisibles » pour remédier au problème.

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