Bilan hebdomadaire de la situation en Cisjordanie occupée (7-14 avril 2026)

Par l’Agence Média Palestine, le 14 avril 2026

34 nouvelles colonies validées par le gouvernement israélien

Le gouvernement israélien a discrètement validé 34 nouvelles colonies situées dans toute la Cisjordanie occupée, rapportaient le 9 avril des médias israéliens et l’ONG La Paix Maintenant. Une décision qui n’a pas été publiée officiellement et qui aurait été désapprouvée par l’état-major israélien, non pas pour des questions de principe, mais pour l’effort que cela demanderait à l’armée, déjà grandement dépassée.

Ces 34 nouvelles colonies s’ajoutent aux 68 déjà établies par le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou depuis sa formation fin 2022. Selon la chaîne i24News, 10 des 34 nouvelles colonies sont des avant-postes existants qui seront légalisés et 24 autres sont en projet. 

« À l’approche des élections, le gouvernement s’agite frénétiquement, cherchant à créer un maximum de faits accomplis et à réduire Israël à néant. Il est aujourd’hui clair pour tous – et Tsahal le répète sans cesse – que l’établissement de colonies nuit à la sécurité, impose un fardeau excessif à Tsahal et compromet toute possibilité de résolution du conflit et d’instauration d’une paix et d’une sécurité futures  », déplore l’ONG La Paix Maintenant. 

Les 34 nouvelles colonies portent à 102 le nombre total de colonies dont la création a été décidée par ce gouvernement. « Avant l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement, la Cisjordanie comptait 127 colonies officielles. L’ajout de ces 102 nouvelles colonies représente une augmentation de 80 % », ajoute l’ONG. 229 colonies sont ainsi officiellement implantées dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée, ceci sans compter les avant-postes de colons, illégaux du point de vue du gouvernement israéliens mais soutenus par ce même gouvernement et l’armée israélienne.

Réouverture d’Al Aqsa et provocations israéliennes

L’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran a entraîné la réouverture des lieux saints aux fidèles à Jérusalem-Est occupée et la levée de plusieurs entraves à la circulation des Palestinien·nes en Cisjordanie occupée. Le 9 avril, plus de 100 000 fidèles musulman·es se sont rassemblé·es dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa pour la première prière du vendredi depuis le début de la guerre, le 28 février. Al Jazeera rapporte que l’église du Saint-Sépulcre, fermée pendant toute la Semaine sainte, a également rouvert ses portes à temps pour le Samedi saint, célébré la veille de Pâques par les orthodoxes.

Cependant, les célébrations se sont déroulées sous haute surveillance des forces de sécurité israéliennes, et la police a procédé à des arrestations violentes de scouts chrétiens palestiniens lors des processions. Selon des responsables de l’Autorité palestinienne, les forces israéliennes ont retiré les écussons du drapeau palestinien des uniformes des scouts.

La réouverture d’Al-Aqsa le 9 avril, après 40 jours de fermeture, a également été assombrie par des incursions croissantes de colons, notamment les 7 et 12 avril, lorsque le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a pris d’assaut l’esplanade sous protection policière, accomplissant des rituels religieux juifs. « Aujourd’hui, on se sent comme chez soi », a déclaré cet extrémiste juif messianique, en célébrant la normalisation croissante de la prière juive sur l’esplanade des Mosquées, malgré l’interdiction officielle. 

L’armée et les colons tuent deux Palestiniens, une femme succombe à une crise cardiaque et un enfant blessé à la tête

Dans ce contexte, les violences perpétrées par les colons et les militaires contre les Palestinien.nes se sont poursuivies à un rythme implacable tout au long de la semaine, rapporte encore Al Jazeera.

Au moins deux Palestiniens ont été tués par balles par des colons israéliens attaquant des villages : Alaa Sobeih, le 8 avril, près de Tayasir dans le gouvernorat de Tubas, et Ali Majed Hamadneh, le 11 avril, à Deir Jarir, au nord-est de Ramallah.

Une femme de 68 ans, Sabria Shamasneh, est également décédée le 7 avril après avoir été victime d’un arrêt cardiaque quand des soldats israéliens ont battu son fils devant elle à Jayyous, à l’est de Qalqilya.

Le 9 avril, l’enfant Mohammed al-Sheikh, âgé de 12 ans, a été blessé par balle à la tête lors d’un raid militaire sur le camp de réfugié·es de Jalazone, près de Ramallah, et a été évacué vers un hôpital dans un état critique.

Des dizaines de Palestiniens.nes ont été arrêté.es durant la semaine dans des raids militaires dans toute la Cisjordanie occupée, rapporte l’agence Wafa.

L’ONU demande l’arrêt des déplacements forcés

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU a indiqué le 10 avril que les forces israéliennes ont prolongé de deux mois un ordre militaire qui allonge le déplacement des Palestinien·nes de trois camps de réfugié·es situés dans les gouvernorats de Jénine et de Tulkarem. L’UNRWA estime que plus de 33 000 personnes ont été déplacées depuis janvier 2025.

OCHA demande la levée de ces restrictions et d’autres encore, qui provoquent et prolongent les déplacements de population et empêchent les Palestinien·nes d’accéder aux soins de santé, à l’éducation et à d’autres services essentiels.

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