Jean-Noël Barrot cite favorablement l’une des phrases les plus racistes sur les Arabes

Par Meriem Laribi, pour l’Agence Média Palestine, le 10 avril 2026

Présent au Sénat le 9 avril pour la séance de questions au gouvernement, le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé sur la loi sur le peine de mort votée par Israël, réservée aux Palestinien.nes. Après avoir rappelé la « très vive préoccupation de la France » et sa consternation devant cette loi, le ministre a appuyé son argumentation par une citation des plus choquantes. 

« La France reconnaît en Israël, non seulement un peuple ami, mais aussi une éthique humaniste, universaliste, qui a été forgée par des siècles d’exil et de persécution, et qui rejette l’arbitraire de la peine de mort », a affirmé Jean-Noël Barrot avant d’ajouter : « Il suffit de se souvenir des propos de Golda Meir : “Nous pouvons pardonner à nos ennemis d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants. »

On prête en effet cette terrible phrase à celle qui fut Première ministre d’Israël de 1969 à 1974. La formulation exacte a été opportunément modifiée par Jean-Noël Barrot, car Golda Meir n’aurait pas employé le mot « ennemis » mais « Arabes » : « Nous pouvons pardonner aux Arabes d’avoir tué nos enfants. Nous ne pouvons pas leur pardonner de nous avoir obligés à tuer leurs enfants ». Avant d’ajouter, comme le rappelle France Culture : « nous n’aurons pas la paix avec les Arabes, nous l’aurons que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent ».

La même Golda Meir, née en Ukraine, contestait la notion de peuple palestinien en affirmant le 15 juin 1969 : « Il n’y a jamais rien eu de tel puisque les Palestiniens n’ont jamais existé » ; ainsi que le 8 mars 1969 : « Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre. »

« Parfait exemple de rhétorique orwellienne après deux ans et demi de génocide »

La citation de Jean-Noël Barrot a suscité une forte indignation sur les réseaux sociaux. « Bref, Jean-Noël Barrot cite une raciste en guise d’humanisme. La faillite morale de laFrance est totale », estime le collectif Chronik sur X. Le député Aymeric Caron a également réagi vigoureusement : « On pensait qu’il ne pouvait pas tomber plus bas, après la diffusion des fake news sur Francesca Albanese. Mais il creuse toujours plus…

Le ministre des Affaires étrangères JN Barrot cite maintenant la phrase raciste et suprémaciste attribuée à Golda Meir pour justifier les massacres de Palestiniens, qui ne devraient s’en prendre qu’à eux-mêmes d’être exterminés. Inversion totale des bourreaux et des victimes. Dans un pays normal, cet homme aurait été démissionné depuis longtemps, tant il fait honte à notre diplomatie. » Le journaliste reporter indépendant Sylvain Mercadier a aussi exprimé son indignation : « Je n’en reviens pas de ce que j’entends. Mon ministre des Affaires étrangères utilise une citation raciste de Golda Meir […]. Parfait exemple de rhétorique orwellienne après deux ans et demi de génocide. »

Responsable développement en communication au sein du Centre arabe de recherches et d’études politiques à Paris (CAREP) et Ancienne conseillère auprès de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Ramallah, Muzna Shihabi a également commenté : « Le ministre des Affaires étrangères français cite Golda Meir pour expliquer que tuer des enfants est en réalité une forme de travail émotionnel imposée au tueur par la victime. On dirait que la France d’Emmanuel Macron est passée de “Liberté, Égalité, Fraternité” à “Je suis profondément offensé que tu m’obliges à te tuer”. »

Maxime Benatouil, militant du bloc juif décolonial (UJFP et Tsedek), a également commenté : « L’adhésion aux fables sionistes des classes dirigeantes, réelle ou simulée, est inquiétante, mais bien compréhensible. Les élites françaises et israéliennes partagent une vision coloniale et impériale du monde, et cherchent à détruire tous ceux qui leur tiennent tête. »

Lire aussi : Israël vote la peine de mort pour les Palestiniens uniquement : une nouvelle loi d’apartheid

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